Visa d’études: la France impose des conditions financières plus exigeantes

Source: challenge · 2026-08-20

La France vient de renforcer les conditions financières imposées aux étudiants étrangers souhaitant obtenir un visa long séjour pour poursuivre leurs études sur son territoire. Depuis le 1er août 2026, …

109 La France vient de renforcer les conditions financières imposées aux étudiants étrangers souhaitant obtenir un visa long séjour pour poursuivre leurs études sur son territoire. Depuis le 1er août 2026, le montant minimal des ressources à justifier est passé de 615 à 877,50 euros par mois, soit une hausse de 42,7 %. Cette nouvelle mesure concerne notamment les étudiants marocains, qui représentent le premier contingent d’étudiants étrangers en France. Cette évolution découle du décret n° 2026-526 du 22 juin 2026. Le nouveau système ne repose plus sur un montant fixe, mais sur une référence liée au salaire minimum français. Les ressources exigées correspondent désormais à 47 % du SMIC brut mensuel, ce qui permet d’adapter automatiquement le seuil à l’évolution du salaire minimum et du coût de la vie. Cette règle remplace ainsi un montant de 615 euros qui était resté inchangé depuis 2002. Pour les étudiants marocains et leurs familles, l’impact financier est important. Sur une année, le montant à justifier passe de 7 380 euros à 10 530 euros, soit une différence de 3 150 euros. Cette hausse peut représenter un obstacle considérable pour les familles disposant de revenus modestes ou pour les étudiants qui ne bénéficient pas d’une bourse suffisante. Lire aussi I En France, les étudiants étrangers inquiets face à la hausse des frais universitaires Les candidats devront également être particulièrement attentifs à la manière dont ils prouvent leurs ressources. L’épargne personnelle, une bourse ou encore la prise en charge par un garant peuvent constituer des solutions, mais les justificatifs doivent permettre de démontrer que les ressources seront réellement disponibles pendant la durée du séjour. Un simple dépôt ponctuel d’une importante somme d’argent sur un compte bancaire pourrait donc ne pas suffire à convaincre les autorités consulaires. Cette réforme intervient alors que la France cherche à renforcer son attractivité auprès des étudiants internationaux. Elle pourrait toutefois avoir l’effet inverse pour une partie des candidats, notamment ceux issus des classes moyennes marocaines et africaines. Selon l’article des LesEco.ma, le Maroc reste le premier pays d’origine des étudiants étrangers en France, mais les effectifs marocains ont déjà enregistré une baisse de 4 % en 2023-2024. Lire aussi | Grogne des parents: le réseau scolaire français à l’étranger en crise ! Au-delà du Maroc, cette mesure pourrait également toucher les étudiants d’Afrique subsaharienne. Le Sénégal, qui compte parmi les principaux pays d’origine des étudiants étrangers en France, est lui aussi directement concerné par ce nouveau seuil financier. Les candidats devront donc anticiper davantage leurs démarches et préparer des justificatifs financiers solides avant de déposer leur demande. En définitive, le relèvement du seuil des ressources marque un durcissement significatif des conditions d’accès aux études en France. Si les autorités françaises souhaitent garantir aux étudiants étrangers des moyens suffisants pour vivre et étudier, cette nouvelle exigence risque aussi de rendre la mobilité internationale plus difficile pour les familles qui disposent de ressources limitées. Pour de nombreux jeunes, le projet d’étudier en France nécessitera désormais une préparation financière beaucoup plus importante. Afrique subsaharienne étudiants étrangers étudiants marocains France Ressources financières Visa d'études