Moyen-Orient : L'AIE abaisse encore ses prévisions d'offre et de demande de pétrole 2026Mercredi 12 Aout 2026- par
Source: boursenews · 2026-08-12
Moyen-Orient : L'AIE abaisse encore ses prévisions d'offre et de demande de pétrole 2026Mercredi 12 Aout 2026- par
Le monde n'en finit pas de s'enfoncer dans un marché pétrolier déficitaire alors que la fermeture persistante du détroit d'Ormuz, point de passage maritime crucial pour 20% de l'or noir mondial, continue de perturber les chaînes d'approvisionnement internationales et réduit la disponibilité des produits pétroliers.Selon l'AIE, la balance pétrolière mondiale devrait désormais afficher un déficit de 1,8 million de barils par jour au 3e trimestre, soit plus du double de son estimation du mois dernier.Environ 8,3 millions de barils par jour (mb/j) de la production de brut du Golfe manquent toujours à l'appel en raison de la crise d'Ormuz, qualifiée par l'AIE de "plus grande perturbation de l'offre mondiale de pétrole jamais enregistrée", dans son rapport mensuel sur le pétrole qui révise chaque mois les prévisions sur le marché pétrolier.En conséquence, "faute d'un accord permettant la réouverture d'Ormuz et un transit sans entrave par le détroit de Bab el-Mandeb, nous avons de nouveau revu à la baisse nos prévisions d'offre pour le reste de l'année", a indiqué l'Agence de l'énergie de l'OCDE.L'offre mondiale de pétrole devrait désormais reculer de 4,3 mb/j en 2026, pour s'établir à 102 mb/j, la croissance de 1,4 mb/j en provenance des Amériques ne compensant que partiellement les pertes au Moyen-Orient et en Russie, où les attaques ukrainiennes continuent de viser des infrastructures pétrolières.Dans ce contexte, la pénurie de produits raffinés, aggravée par les frappes contre les raffineries russes, a propulsé les marges de raffinage dans le bassin Atlantique à des "niveaux record en juillet", "le diesel atteignant une valeur deux fois supérieure à celle du brut sur les marchés internationaux".- Reconstituer les stocks -Selon l'AIE, une "désescalade" dans le conflit, devrait permettre "une reprise progressive des flux dans les mois à venir" et laisser entrevoir la possibilité d'un surplus d'offre pétrolière vers le 4e trimestre 2026. Cela permettrait par la suite de reconstituer progressivement les stocks mondiaux de pétrole dans le courant de l'année prochaine.L'AIE estime que la production pourrait rebondir de 8,3 mb/j l'an prochain pour atteindre 110,3 mb/j, mais les perspectives d'amélioration restent "fragiles"."Même si le marché devrait renouer avec un excédent vers la fin de cette année, les risques restent importants et l'urgence de rouvrir le détroit s'est accrue, les réserves de sécurité dont on disposait auparavant s'épuisant rapidement", a mis en garde l'AIE.Au total, les stocks mondiaux de pétrole sont tombés fin juillet à un peu moins de 7,9 milliards de barils, pour la première fois depuis avril 2025, avec une diminution de 410 millions de barils depuis le début de la guerre, au rythme de 2,7 millions chaque jour.Avec la fermeture prolongée du détroit d'Ormuz", "la hausse des prix des carburants" continue en parallèle "de peser sur la consommation de pétrole", accélérant en Chine la course à l'électrification du parc automobile."Le parc important et en pleine expansion de véhicules électriques (VE) en Chine, qui s'étend désormais aux voitures, camionnettes, bus et camions, joue un rôle déterminant dans la réduction de la consommation de carburants raffinés", souligne l'AIE.L'Agence table désormais pour 2026 sur une baisse plus importante de la consommation mondiale de pétrole de 1,6 million de barils par jour (mb/j) sur un an, alors qu'elle anticipait un recul de 1 mb/j dans son estimation précédente en juillet.La consommation mondiale pétrolière s'établirait en 2026 à 103,29 mb/j, contre 103,46 mb/j estimée le mois dernier.L'AIE envisage toutefois une amélioration progressive: après une contraction de 4,9 mb/j au 2e trimestre et de 2,8 mb/j au 3e trimestre, elle devrait retrouver une croissance de 0,58 mb/j au tout dernier trimestre.