Ciment au Maroc : vingt-cinq ans de cycles, une reprise encore fragile en 2026Lundi 10 Aout 2026- par

Source: boursenews · 2026-08-10

Ciment au Maroc : vingt-cinq ans de cycles, une reprise encore fragile en 2026Lundi 10 Aout 2026- par

L’évolution des livraisons de ciment entre 2000 et juillet 2026 fait apparaître quatre grandes phases : une forte expansion jusqu’en 2011, une correction prolongée durant la décennie suivante, une succession de chocs entre 2020 et 2022, puis une reprise à partir de 2023 dont la solidité reste encore à confirmer. 2000-2011 : une décennie d’expansion Entre 2000 et 2011, les livraisons de ciment des membres de l’Association professionnelle des cimentiers (APC) ont suivi une trajectoire presque continuellement haussière. Le marché est passé d’un volume annuel inférieur à 8 millions de tonnes au début des années 2000 à plus de 16 millions de tonnes en 2011. Plusieurs années ont enregistré des croissances à deux chiffres, notamment 2005 (+10,4%), 2007 (+12,6%) et 2011 (+10,7%). Cette période constitue le principal cycle d’expansion observé sur l’ensemble de la série. En onze ans, le volume des livraisons a plus que doublé pour atteindre un sommet qui n’a toujours pas été retrouvé. 2012-2018 : la rupture du cycle haussier L’année 2012 marque un changement de tendance, avec une première baisse de 1,6%, suivie d’un recul plus marqué de 6,3% en 2013 et de 5,4% en 2014. La légère reprise enregistrée en 2015, limitée à 1,4%, n’a pas suffi à inverser durablement la tendance. Les livraisons ont de nouveau reculé au cours des années suivantes, notamment de 2,5% en 2017 et de 3,6% en 2018. Le marché s’est ainsi progressivement installé sur un palier inférieur à celui de 2011. Cette séquence marque le passage d’une croissance régulière à une évolution beaucoup plus irrégulière. 2019-2022 : une volatilité sans précédent Après une progression de 2,5% en 2019, le marché a subi une contraction de 10,01% en 2020, l’une des plus fortes baisses de la série. Le rebond de 14,8% enregistré en 2021 a permis un rattrapage rapide, mais celui-ci n’a pas débouché sur une reprise durable. Dès 2022, les livraisons ont de nouveau chuté de 10,7%. Cette succession de fortes variations montre que la hausse de 2021 relevait davantage d’un mouvement de rattrapage que d’un nouveau cycle de croissance installé. 2023-2025 : le retour d’une dynamique positive Après une quasi-stagnation en 2023, avec une progression limitée à 0,19%, le marché a retrouvé une dynamique plus favorable en 2024. Les livraisons ont augmenté de 9,45% en 2024, puis de 8,21% en 2025, pour atteindre 14,82 millions de tonnes. Sur ces deux années, la croissance cumulée ressort ainsi à environ 18,4%. Ce rebond constitue la séquence la plus solide depuis plusieurs années. Il reste néanmoins incomplet : malgré deux exercices consécutifs de forte progression, les livraisons de 2025 demeurent inférieures de plus d’un million de tonnes au sommet enregistré en 2011. 2026 : un rattrapage en dents de scie Les sept premiers mois de 2026 présentent une trajectoire particulièrement irrégulière. Le recul enregistré au premier trimestre s’inscrit dans un contexte conjoncturel défavorable. La forte pluviométrie observée au cours des deux premiers mois de l’année, conjuguée au déroulement du mois de Ramadan du 19 février au 19 mars, a ralenti l’activité des chantiers et pesé sur la demande de ciment. En janvier, les livraisons ont chuté de 18,77% sur un an, avant de reculer de 12,63% en février. Le retard cumulé atteignait alors 15,81%. Une amélioration s’est amorcée en mars, avec une hausse mensuelle de 2,53%, puis s’est fortement accélérée en avril, mois durant lequel les livraisons ont bondi de 31,84%. À fin avril, le retard cumulé avait été presque entièrement résorbé, à seulement 0,12%. Le marché a toutefois rechuté en mai, avec une baisse mensuelle de 20,64%, portant le recul cumulé à 5,30%. La hausse de 27,72% enregistrée en juin, suivie d’une progression de 1,89% en juillet, a ensuite permis de réduire l’écart. À fin juillet 2026, les livraisons atteignent ainsi 8.226.032 tonnes, contre 8.288.358 tonnes un an auparavant, soit un léger recul de 0,75%. L’évolution du cumul montre donc un rattrapage réel depuis le début de l’année, mais les fortes variations mensuelles ne permettent pas encore de conclure à une reprise linéaire. La quasi-stabilité du marché à fin juillet masque des trajectoires très différentes selon les segments. La distribution, qui représente 52,6% des volumes, recule de 5,39% à 4,33 millions de tonnes. Le béton préfabriqué diminue également de 7,20% à 792.356 tonnes, tandis que les mortiers cèdent 5,44%. À l’inverse, le béton prêt à l’emploi, deuxième débouché du marché avec près de 27% des livraisons, progresse de 7,94% à 2,21 millions de tonnes. Les infrastructures enregistrent la hausse la plus marquée, soit 13,79%, tandis que le bâtiment avance de 4,53%. La dynamique apparaît ainsi davantage soutenue par le BPE, les infrastructures et le bâtiment que par la distribution et le préfabriqué. Le recul du principal canal de commercialisation continue néanmoins de peser sur la performance globale. Sur longue période, le marché marocain du ci