Bourse de Casablanca: L’été boursier est loin d’être calmeLundi 10 Aout 2026- par
Source: boursenews · 2026-08-10
Bourse de Casablanca: L’été boursier est loin d’être calmeLundi 10 Aout 2026- par
1/ LE MASI EFFACE SES PERTES DE 2026
Le rebond a été plutôt rapide sur le marché. Parti de 17.876 points lundi, le MASI a terminé la semaine à 18.864 points, après cinq séances consécutives de hausse. Sur la seule semaine, l'indice gagne 5,72%, sa meilleure performance hebdomadaire depuis avril. Sa performance depuis le début de l'année repasse ainsi légèrement dans le vert, à +0,09%.
Le mouvement a surtout pris de l'ampleur à partir de mardi : +1,05%, puis +1,48% mercredi, +0,82% jeudi et enfin +2,08% vendredi. Les volumes ont suivi en fin de semaine, passant de 157 MDH mercredi à 283,5 MDH jeudi, puis 560 MDH vendredi sur le marché central.
Ce rebond tranche avec le mois de juillet, durant lequel le MASI avait perdu 2,05%, avec une correction particulièrement marquée sur les moyennes capitalisations.
2/ MANAGEM A DONNÉ L'IMPULSION, PUIS LE REBOND S'EST ÉLARGI
Managem a été l'un des principaux moteurs de la reprise. Le titre a bondi de 9,92% mardi puis de 9,95% mercredi, avant de poursuivre sa progression en fin de semaine. Cette accélération est intervenue après la publication d'un chiffre d'affaires semestriel de 11,76 milliards de dirhams, en hausse de 166%, porté notamment par la montée en puissance des mines de Tizert et Boto et par un environnement favorable sur les métaux.
Mais la hausse ne s'est pas limitée au compartiment minier. Vendredi, Maroc Telecom a gagné 2,03%, Attijariwafa bank 2,68%, Alliances 5,26% et SGTM 4,86%. La capitalisation globale de la cote a ainsi retrouvé 1.104 milliards de dirhams.
C'est probablement le point le plus important de la semaine : le rebond, initialement concentré sur quelques dossiers, a commencé à gagner les grandes capitalisations.
3/ LES 19.000 POINTS, PREMIER TEST POUR LE REBOND
À 18.864 points, le MASI termine désormais à moins de 1% du seuil des 19.000 points. Après une hausse de près de 6% en une semaine, cette zone constitue naturellement le premier test pour le marché.
Une poursuite immédiate du mouvement confirmerait le changement de dynamique observé depuis le début du mois. À l'inverse, une phase de respiration après une telle séquence ne remettrait pas nécessairement en cause le rebond, à condition que les niveaux reconquis au cours de la semaine soient préservés.
L'enjeu des prochaines séances sera donc moins la vitesse de la hausse que sa capacité à se consolider. Le marché vient de récupérer en cinq séances pratiquement tout le terrain abandonné depuis le début de l'année.
4/ LES RÉSULTATS SEMESTRIELS VONT PRENDRE LE RELAIS
Après plusieurs semaines dominées par l’IPO de T2S, les opérations financières, le split de Managem et les mouvements de liquidité, les fondamentaux devraient progressivement revenir au centre du jeu.
Les premiers indicateurs d'activité du deuxième trimestre sont déjà publiés. Outre Managem, Mutandis a annoncé une progression de 7% de son chiffre d'affaires au premier semestre, tandis que Disway affiche une hausse de 14,4%.
Mais le véritable test viendra avec les comptes semestriels : bénéfices, marges, endettement et génération de cash. BMCE Capital Global Research estime d'ailleurs que ces publications devraient constituer le principal catalyseur de la rentrée et favoriser une plus grande sélectivité entre les valeurs.
Après un rebond largement porté par les flux, le marché devrait donc progressivement revenir à une logique davantage liée aux performances des entreprises.
et de portefeuilles chez les investisseurs suivant les indices.
5/ LE GOLFE RESTE UN FACTEUR DE RISQUE
À l'extérieur, le dossier du Golfe reste susceptible de perturber le scénario de reprise. L'Iran a indiqué dimanche qu'un accord négocié avec Oman sur de nouvelles voies de navigation dans le détroit d'Ormuz était en « phase finale ». Mais une réouverture complète du passage reste conditionnée, selon Téhéran, à plusieurs concessions américaines. Aucun règlement durable du conflit n'est donc acquis à ce stade.
L'enjeu dépasse largement la région. Le détroit d'Ormuz reste un passage stratégique pour les flux mondiaux d'hydrocarbures et les espoirs de réouverture ont déjà provoqué d'importants mouvements sur les cours du pétrole ces dernières séances.
Les tensions se sont par ailleurs étendues à la mer Rouge. Les Houthis, soutenus par l'Iran, ont revendiqué la semaine dernière des attaques contre des pétroliers saoudiens, tandis que le trafic maritime a ralenti sur plusieurs routes de la région.
Pour les marchés, le risque est double : une nouvelle poussée du pétrole et un regain d'aversion au risque. Aux États-Unis, le prix moyen de l'essence reste supérieur à 4 dollars le gallon à quelques mois des élections de mi-mandat, renforçant la pression sur l'administration américaine pour parvenir à une désescalade.
Une nouvelle flambée du brut pourrait raviver les inquiétudes sur l'inflation et les équilibres macroéconomiques du Maroc, importateur net d'énergie, tandis qu'une dégradation brutale du sentiment mondial pourrait peser sur l'appét