Nizar Baraka: vers un nouveau modèle hydrique

Source: challenge · 2026-06-18

Transformer le défi de la rareté de l’eau en levier de la souveraineté hydrique. Tel a été le principal message de Nizar Baraka, ministre de l’Equipement et de l’eau, lors …

23 Transformer le défi de la rareté de l’eau en levier de la souveraineté hydrique. Tel a été le principal message de Nizar Baraka, ministre de l’Equipement et de l’eau, lors de la 2 ème édition au MAP Town Hall, le 3 juin, à Rabat, sous le thème «La vision royale de l’eau : socle de la souveraineté hydrique et d’équité territoriale». Presque en fin de mandat et à la veille des prochaines élections de septembre, N. Baraka, ministre de l’Equipement et de l’eau, a abordé l’une des questions vitales du Royaume, celle relative aux ressources hydriques dont dépendent directement ou indirectement toutes les politiques publiques, voire la vie des citoyens et de toutes les autres composantes de la nature. L’eau peut être définie comme une «substance en équilibre», un «juste milieu». Exposée au froid excessif, l’eau devient glace. Inversement, en contact avec la chaleur, elle s’évapore. Et, politiquement, le parti de l’Istiqlal qui dispose d’un solide ancrage sociohistorique, est aussi au centre, contribuant ainsi à un «équilibre systémique», entre un «Rassemblement National des Indépendants» et un «Parti Authenticité et Modernité», tous deux sans ancrage réel, ni social ni historique. L’Istiqlal a donc permis une certaine dose de légitimité à un gouvernement naviguant à vue entre affaires et opportunités. Il représente aussi une bonne partie de la classe moyenne tout en étant présent aussi bien dans le «tissu entrepreneurial classique» que dans le monde rural. D’où les qualités de N. Baraka, un homme forgé aussi bien dans l’administration publique que par le contact avec la réalité sociale et les responsabilités politiques partisanes et officielles. Sa présentation du 3 juin à la 2ème édition de la MAP Town Hall reflète bien ces atouts. Lire aussi | Décryptage/Inondations, barrages et rumeurs: Nizar Baraka met les points sur les “i” sur MFM Radio Pour N. Baraka, dans un contexte climatique difficile, la poursuite de la refonte de la politique de l’eau, dans le cadre d’une vision stratégique et intégrée, où la sécurité hydrique est au cœur du projet national, est une nécessité urgente. Mieux, plus qu’une simple gestion d’une ressource naturelle, il est question d’un projet de souveraineté nationale et de développement durable. «Garantir l’eau, c’est assurer la capacité du Maroc à choisir son propre destin», a déclaré N. Baraka, replaçant ainsi la question de l’eau dans la vision royale en matière de ressources hydriques. Au-delà des infrastructures hydrauliques dont la réalisation est certes importante, cette vision vise à garantir un accès équitable et durable à l’eau. Pour cela, le ministre chargé de l’eau a présenté une stratégie articulée autour de cinq grands axes. Le premier axe vise à ériger la souveraineté hydrique en pilier central de la souveraineté nationale. L’eau devient ainsi un enjeu stratégique, à l’instar de l’énergie et de la sécurité alimentaire. Le deuxième axe a trait au renforcement de la résilience hydrique. Ce qui implique le développement d’un écosystème industriel autour du dessalement de l’eau de mer et des métiers de l’eau, avec un rôle fondamental à la recherche scientifique appliquée. Cette orientation doit faciliter le transfert et la maitrise locale des technologies de pointe, grâce à la formation des compétences nationales nécessaires aux défis futurs. Le troisième axe a pour objectif d’assurer l’équité territoriale et la solidarité nationale, à travers notamment les interconnexions des bassins hydrauliques et les «autoroutes de l’eau». Le quatrième axe, afférent à la durabilité des ressources hydriques, est fondé sur une gestion responsable qui doit permettre des économies d’eau, la préservation des nappes souterraines, le recyclage des eaux usées traitées, la protection des écosystèmes et la sauvegarde du patrimoine hydrique au profit des futures générations. Le cinquième axe, relatif à la dimension internationale, doit permettre, à travers la diplomatie et la coopération, d’échanger les meilleures pratiques, partager les savoir-faire et assurer le développement des capacités. A cet égard, le Maroc a accumulé pendant plusieurs décennies une riche expérience dans la politique des barrages. En effet, le Royaume dispose de 156 barrages avec une capacité globale de stockage de 20,8 milliards de m³. De même, 14 barrages sont en cours de construction et 155 petits barrages sont prévus d’ici 2028. Le patrimoine hydraulique a été renforcé de 62%, depuis 1999. Lire aussi | Politique hydrique : les révélations du décryptage de MFM Radio avec Nizar Baraka Par ailleurs, le recours croissant aux ressources non conventionnelles s’est concrétisé à travers la réalisation de 17 stations de dessalement opérationnelles, contre 9 en 2021. La capacité annuelle est passée de 46 millions à 410 millions de m³, dans la perspective d’atteindre 1,7 milliard de m³/an et de couvrir 60% des besoins de la population en eau potable. Le nouveau mode de gouvernance de l’eau doit aussi permettre une répartition terr