Digital Nation Maroc: la cybersécurité, l’éléphant dans la pièce !

Source: challenge · 2026-06-16

Le Maroc veut faire de la digitalisation un des piliers de son développement. C’est fort conscient de cette volonté que les gouvernements qui se sont succédé ces deux dernières décennies …

26 Le Maroc veut faire de la digitalisation un des piliers de son développement. C’est fort conscient de cette volonté que les gouvernements qui se sont succédé ces deux dernières décennies ont lancé plusieurs stratégies, en l’occurrence Maroc Numeric, Maroc Digital, Morocco Tech et en 2025 Maroc Digital 2030. Mais malgré cette volonté affichée d’aspirer aux standards d’une digitale nation, sur le terrain, la réalité semble tout autre. La cybersécurité est aujourd’hui le petit caillou qui fait grincer la machine du numérique au Maroc. Et ce, dans un marché où l’assurance cyber est encore en construction. Décryptage. Le Maroc veut faire de la digitalisation un des piliers de son développement et un atout majeur dans l’amélioration de la gouvernance. Selon l’ANRT, le projet d’une nation digitale réussi peut faire économiser au Maroc environ 718 millions d’heures de travail par an, soit 1% du PIB ! C’est fort conscient de ces opportunités, que les gouvernements qui se sont succédés ces deux dernières décennies ont lancé plusieurs stratégies, en l’occurrence Maroc Numeric, Maroc Digital,  Morocco Tech et il y’a presque un une année Maroc Digitale 2030. Dans cette volonté affichée qui fait du Maroc une des nations sur le continent la plus avancé sur ces sujets, en même temps de grands défis persiste En effet, depuis un moment, une réalité frappe aux portes. La menace cyber qui aujourd’hui est un caillou qui fait grincer la grande machine numérique du Maroc. Avec l’affaire de la CNSS, où des données confidentielles ont été piratées, cette question devient de plus en plus légitime. « Le numérique n’est plus une abstraction. Il est devenu une extension de notre identité — et de nos vulnérabilités. L’affaire du piratage massif de la CNSS, qui a exposé les données de près de deux millions de citoyens, en est une démonstration brutale. Une fois que des informations personnelles comme le nom, le salaire ou le numéro de compte bancaire sont diffusées publiquement, elles restent en circulation pendant des années, voire indéfiniment. Et c’est précisément là que se pose la question du droit à l’oubli numérique. Ce droit, reconnu dans des pays européens via le RGPD (Règlement général sur la protection des données), permet à tout citoyen de demander la suppression ou la déréférenciation de ses données personnelles dans certaines conditions. Il incarne l’idée que chacun doit pouvoir contrôler son identité numérique et limiter l’impact de données sensibles sur sa vie privée, sa réputation ou ses opportunités professionnelles. », explique Youssef Maddarsi, CEO de Naoris Consulting La cybersécurité, dans ce tableau, devient l’éléphant dans la pièce. Le dernier Baromètre des risques d’Allianz, véritable boussole des menaces économiques mondiales, ne laisse aucune place au doute : les risques cyber sont classés au premier rang, pour la troisième année consécutive, et pour la première fois avec un écart significatif de cinq points de pourcentage. 36 % des entreprises les identifient comme leur principale source d’inquiétude, reléguant au second plan les risques traditionnels que sont les interruptions d’activité ou les catastrophes naturelles. C’est un fait incontestable, la cybersécurité représente un enjeu crucial pour toutes les entreprises, et ce, d’autant plus pour celles opérant en ligne. Les e-commerçants, les banques en ligne, les médias digitaux sont en première ligne, mais ils ne sont pas les seuls. Et selon l’expert en Cybersécurité Redouane Benatik, il faut en premier aller chercher la cause dans cette digitalisation généralisée au sein des entreprises. « Quand vous prenez des banques et des entreprises qui ont lancé ces derniers temps plusieurs services digitaux, vous remarquerez qu’ils sont les plus exposés aux cyberattaques. En effet, cela ouvre la voie à certains pirates du net qui sont qui sur le qui-vive », explique Benatik. Et d’ajouter : « ces services numériques au-delà de leur avantage sont des passerelles que les cybercriminels peuvent craquer ». Aujourd’hui une question se pose : quelle est notre doctrine de cybersécurité ? Cette interrogation devrait guider les prochaines réflexions dans le chantier du numérique. Regards croisés des experts Contacté par Challenge, Hicham Kasraoui, Senior Consultant Africa & International Development chez BearingPoint  déclare : «La cybersécurité n’est plus un sujet périphérique de la transformation numérique, elle en est désormais la condition de réussite. Le Maroc l’a bien compris à travers sa Stratégie Nationale de Cybersécurité, sa loi 05-20 et le rôle structurant de la DGSSI, qui s’inscrivent en cohérence avec les ambitions de Maroc Digital 2030, dans un contexte où la cybersouveraineté devient un enjeu de compétitivité à l’échelle continentale. Reste que les incidents récents (on pense notamment aux fuites massives de données personnelles ayant touché des institutions publiques marocaines ces deux dernières années) rappellent que la mise en œuvre opérationnelle reste u