Dr. Ahmed Daoudi: la situation du marché de la volaille «est avant tout conjoncturelle»

Source: challenge · 2026-06-16

Alors que les prix du poulet enregistrent un recul marqué sur le marché marocain, la filière avicole traverse une phase de déséquilibre entre une offre abondante et une demande moins …

28 Alors que les prix du poulet enregistrent un recul marqué sur le marché marocain, la filière avicole traverse une phase de déséquilibre entre une offre abondante et une demande moins dynamique. Pour le Dr. Ahmed Daoudi, Directeur délégué de la Fédération Interprofessionnelle du Secteur Avicole (FISA), cette baisse des prix s’explique principalement par des facteurs économiques et saisonniers. Si la situation pèse sur la rentabilité des éleveurs, elle met également en lumière certains défis structurels liés à la valorisation, à la commercialisation et à la distribution des produits avicoles. La FISA reste néanmoins confiante quant à la capacité du secteur à retrouver un niveau de prix plus conforme aux réalités économiques dans les prochains mois. Challenge : Les prix du poulet ont enregistré une baisse significative ces dernières semaines. Quels sont les principaux facteurs qui expliquent cette évolution du marché ? Dr Ahmed Daoudi : La baisse actuelle des prix résulte principalement d’un déséquilibre temporaire entre l’offre et la demande. La production de viande de volaille a connu une progression importante ces derniers mois grâce à l’amélioration des conditions de production et à l’augmentation des mises en place de poussins, alors que la demande n’a pas évolué au même rythme. Lire aussi | JAIDA et CHARI scellent un partenariat sur l’inclusion financière Cette situation est également influencée par des facteurs conjoncturels, notamment la période post-Aïd Al-Adha, durant laquelle la consommation de viandes blanches connaît traditionnellement un ralentissement, ainsi que par certaines évolutions des habitudes de consommation. Il ne s’agit donc pas d’une cause unique, mais de la combinaison de plusieurs facteurs économiques et saisonniers. Challenge : Cette baisse est-elle conjoncturelle, liée à une surproduction ou à une baisse de la demande, ou reflète-t-elle des changements plus structurels au sein de la filière avicole ? A.D. : La situation actuelle est avant tout conjoncturelle. Elle est principalement liée à une offre abondante sur le marché, aussi bien pour la viande de volaille que pour les œufs de consommation, dans un contexte où la demande reste relativement modérée. Toutefois, cet épisode met en évidence certaines problématiques plus structurelles, notamment la forte volatilité de la demande et les insuffisances de structuration du segment aval de la filière, en particulier au niveau de la valorisation, de la commercialisation et de la distribution. Challenge : Dans quelle mesure cette diminution des prix impacte-t-elle la rentabilité des éleveurs et des différents acteurs de la chaîne de valeur avicole ? A.D. : Lorsque les prix de vente à la ferme descendent en dessous des coûts de production, les éleveurs subissent des pertes financières importantes. La situation actuelle affecte particulièrement les producteurs de volailles et les producteurs d’œufs, qui supportent l’essentiel du risque économique. Lire aussi | Maroc: la production industrielle baisse au T1-2026 Il convient toutefois de rappeler que le secteur avicole marocain est habitué à des cycles alternant des périodes de baisse et de hausse des prix. Malgré les difficultés actuelles, la filière demeure solide, continue d’assurer l’approvisionnement du marché national et conserve sa capacité de production. L’enjeu est aujourd’hui de renforcer les mécanismes permettant une meilleure valorisation des produits et une répartition plus équilibrée de la valeur au sein de la chaîne. Challenge : La FISA anticipe-t-elle une stabilisation des prix dans les prochains mois ou existe-t-il des risques de nouvelles fluctuations liées aux coûts des intrants, aux conditions climatiques ou à l’évolution de la consommation ? A.D. : Les marchés avicoles restent naturellement sensibles à plusieurs facteurs, notamment l’évolution de l’offre, de la demande, des coûts des matières premières et des conditions climatiques. La FISA demeure confiante dans la capacité de la filière à retrouver un niveau de prix plus conforme aux réalités économiques. Cette situation souligne également la nécessité de poursuivre les efforts de modernisation et de structuration du segment aval, afin d’améliorer la transparence du marché, la valorisation des produits et l’efficacité des circuits de commercialisation et de distribution. #Agriculture #Agroalimentaire #Aviculture #BusinessMaroc #Consommation #Economie #Elevage #FISA #MarchéMarocain #Maroc #Poulet #PrixPoulet #Production #Volaille