CasaTrader — Bourse de Casablanca
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CasaTrader est une initiative 100% marocaine, conçue pour démocratiser l'accès à l'investissement boursier. Notre mission : permettre à chaque Marocain de comprendre la Bourse de Casablanca et d'y investir de façon éclairée, sans devoir payer les terminaux financiers professionnels qui coûtent plusieurs milliers de dollars par mois.
Lionel Zinsou: «Le Maroc est aujourd’hui le pays qui finance le plus de logements sur le continent africain»
Source: challenge · 2026-06-14
À l’occasion des Assemblées générales de Shelter Afrique Development Bank organisées du 9 au 11 juin à Rabat, Lionel Zinsou, président du Conseil d’administration de l’institution, revient, dans cet entretien …
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À l’occasion des Assemblées générales de Shelter Afrique Development Bank organisées du 9 au 11 juin à Rabat, Lionel Zinsou, président du Conseil d’administration de l’institution, revient, dans cet entretien accordé à Challenge, sur les principaux enseignements des travaux, les ambitions de la banque après sa transformation, l’enjeu du financement du logement en Afrique et le rôle particulier du Maroc, qu’il considère comme une référence continentale en matière de politique de l’habitat et de financement du logement social.
Quel est le rôle d’un pays comme le Maroc dans la dynamique de financement de logements en Afrique ?
Le Maroc possède une expérience unique. C’est aujourd’hui le pays qui finance le plus de logements sur l’ensemble du continent africain en termes de mobilisation financière. Les banques marocaines, qu’elles soient publiques ou privées, sont les plus actives dans le financement du logement sous toutes ses formes. Vous avez des projets très visibles à Marrakech, destinés à une clientèle internationale fortunée, mais vous avez aussi l’une des rares expériences totalement réussies d’éradication des bidonvilles.
Le Maroc couvre ainsi tout le spectre, du logement haut de gamme au logement social. Cela traduit une société qui a réussi à construire un modèle plus inclusif. Dans une grande partie de l’Afrique subsaharienne, il demeure très difficile pour un citoyen d’obtenir un crédit logement auprès d’une banque, surtout lorsqu’il dispose de faibles revenus ou travaille dans le secteur informel. Lorsqu’on ne fait pas partie des catégories les plus favorisées, l’accès au logement reste compliqué. C’est pourquoi nous regardons avec attention les expériences réussies du Maroc, mais aussi celles de l’Afrique du Sud ou de l’Égypte. Ces pays démontrent qu’il est possible de bâtir des systèmes où les banques financent réellement le logement, y compris le logement social, grâce à des mécanismes de location-vente ou de financement sur vingt à trente ans compatibles avec les revenus des ménages.
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Nous avons remarqué que les anglophones sont très présents au sein de l’institution. Comment éviter une dualité entre francophones et anglophones comme on peut parfois l’observer dans d’autres institutions africaines ?
Je crois qu’il faut relativiser cette perception. Si vous regardez les principales économies africaines en termes de produit intérieur brut, le Nigeria arrive en tête, suivi notamment de l’Afrique du Sud et de l’Égypte. Aucun de ces pays n’est francophone. Ces pays représentent à eux seuls plusieurs centaines de millions d’habitants. Le Nigeria compte plus de 220 millions d’habitants. L’Égypte en compte plus de 110 millions, tout comme l’Éthiopie. À titre de comparaison, mon pays, le Bénin, compte environ 15 millions d’habitants. Il faut donc éviter de réduire le débat à une opposition entre francophones et anglophones. La réalité est que la majorité de la population africaine vit dans des pays où l’anglais est largement utilisé comme langue de travail.
Mais l’Afrique est plurielle. Il existe un espace anglophone, un espace francophone, un espace arabophone et un espace lusophone. Nous travaillons tous ensemble. Pour nous, ce qui compte avant tout, ce sont les besoins des populations et les dynamiques économiques. D’ailleurs, la vraie richesse linguistique de l’Afrique ne se limite pas aux langues héritées de la colonisation. Ce qui est important, c’est la progression du swahili, du yoruba, du lingala, du wolof et de nombreuses autres langues africaines. À mes yeux, il est plus pertinent de s’interroger sur l’essor des grandes langues africaines que de se demander si les institutions privilégient les anglophones ou les francophones.Ce n’est pas cela qui définit notre identité, et ce n’est certainement pas ainsi que nous travaillons.
Vos impressions sur les travaux de la 45
e
édition des assemblées annuelles
Shelter Afrique Development Bank à Rabat
?
Écoutez, ce furent trois jours très riches parce que nous sommes dans un pays, le Maroc, qui possède une grande expérience dans ce domaine. Il y a d’ailleurs eu des visites de réalisations de logements modernes et accessibles aux populations. C’est à la fois un progrès économique, un progrès social et un progrès en matière de bien-être. C’est certainement l’un des pays qui permet le plus d’échanges sur les bonnes pratiques africaines. Et il y a de plus en plus de bonnes pratiques africaines. Nous avons également bénéficié de la présence d’experts sur ces sujets, ainsi que de présentations sur les politiques publiques.
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Vous savez, lorsque Shelter Afrique a été créée comme institution de soutien au logement social, l’Afrique comptait environ 500 millions d’habitants. Aujourd’hui, nous sommes près de 1,5 milliard. Pour tous les pays africains, il s’agit don