Chronique Hebdo. Sous la dictature du newsflow, le MASI cherche sa boussoleSamedi 13 Juin 2026- par bourse news

Source: boursenews · 2026-06-13

Chronique Hebdo. Sous la dictature du newsflow, le MASI cherche sa boussoleSamedi 13 Juin 2026- par bourse news

Depuis la fin février, les salles de marchés vivent au rythme d’une paranoïa géopolitique usante. Un jour la guerre, le lendemain la paix. Le baril de brut grimpe, puis retombe. On menace de fermer le détroit d’Ormuz, puis on temporise. Donald Trump y va de sa déclaration incendiaire avant d’évoquer un accord imminent, pour finalement faire machine arrière quelques heures plus tard. De quoi y perdre son latin, et surtout la moindre visibilité sur les portefeuilles. La déconnexion a été telle cette semaine que toutes les classes d’actifs ont fini par décrocher en bloc. Même l’or, d’ordinaire refuge absolu quand tout flanche, a plié sous la pression d’une nervosité généralisée. Il a fallu attendre la séance de vendredi pour voir les indices mondiaux respirer un peu, entraînant le Masi dans leur sillage. Les États-Unis et l’Iran ont laissé entendre qu’un accord pour désamorcer leur conflit direct était proche. Selon des sources administratives américaines relayées par Reuters, les deux parties se seraient entendues sur un projet de texte initial dont la signature interviendrait dans les prochains jours. Il convient d'employer le conditionnel avec une extrême prudence (voilà près de trois mois que ce refrain tourne en boucle), mais l'effet psychologique a suffi à dégonfler une partie de la prime de risque pétrolière. Le Brent a plongé de plus de 3% pour retrouver ses plus bas niveaux en deux mois, redonnant instantanément de l'air aux marchés actions. À la Bourse de Casablanca, ce retournement de fin de semaine limite la casse mais ne règle rien sur le fond. Le potentiel pour poursuivre ce rebond existe, mais il reste suspendu à trois verrous majeurs. D’abord, une désescalade géopolitique franche et durable au Moyen-Orient, loin des effets d'annonce. Ensuite, une détente lisible et pérenne des prix de l’énergie, facteur clé pour l'économie nationale. Enfin, et c’est sans doute le point le plus critique pour la place locale, le retour de la profondeur de marché. Les volumes sur les actions se sont taris de manière importante. Selon BKGR, le volume moyen quotidien (VMQ) de la semaine ressort à peine à 255 millions de dirhams, à comparer aux 378 millions enregistrés à fin mai 2025. Sans liquidité, les mouvements de prix s'exagèrent à la moindre alerte. La trajectoire de fond du MASI demeure structurellement constructive, mais elle reste à la merci du moindre flash de terminal Bloomberg ou d'une dépêche d'agence. La suite immédiate des arbitrages ne viendra pas seulement de Washington ou de Téhéran, mais aussi de Rabat. Dans dix jours, le Conseil de Bank Al-Maghrib tiendra sa 2e réunion trimestrielle de 2026. Face à cette volatilité importée et à des pressions énergétiques en montagnes russes, la lecture macroéconomique de Abdellatif Jouahri et ses décisions sur les taux directeurs seront décisives. C’est aussi un véritable ancrage attendu par les opérateurs pour espérer s'extraire de ce climat de surplace tendu. À suivre.Y.S