Politique monétaire: Ce que dit le FMI sur l’indépendance de Bank Al-MaghribVendredi 05 Juin 2026- par bourse news

Source: boursenews · 2026-06-05

Politique monétaire: Ce que dit le FMI sur l’indépendance de Bank Al-MaghribVendredi 05 Juin 2026- par bourse news

Selon le FMI, depuis les années 2000, plusieurs pays de la région ont revu le cadre légal de leur banque centrale pour réduire l’interférence politique, mieux encadrer le financement du Trésor et donner plus de poids à la stabilité des prix. L'institution rappelle que l’inflation moyenne dans la région est passée d’environ 9% entre 1981 et 1999 à 5% sur les deux décennies suivantes, en parallèle d’un renforcement progressif de l’indépendance des banques centrales. Dans ce mouvement, le Maroc est cité parmi les pays où les progrès ont été les plus visibles. Le FMI relève que, de 1980 à 2010, le Royaume a engagé une série de réformes légales et institutionnelles autour de trois points : la priorité accordée à la stabilité des prix, l’indépendance personnelle et financière de la banque centrale, et les restrictions au financement du déficit public. Ce sont précisément les garde-fous que le Fonds juge nécessaires pour protéger la politique monétaire des pressions budgétaires. Le Maroc figure aussi dans le groupe des pays à ancrage de change. Pour le FMI, ce type de régime a aidé plusieurs économies de la région à contenir les poussées inflationnistes, l’ancrage du dirham jouant un rôle de repère nominal. Ce n’est pas une indépendance “automatique”, mais un élément de crédibilité supplémentaire lorsque le cadre institutionnel tient et que les réserves de change restent confortables. La lecture du Fonds monétaire est toutefois moins confortable sur le financement de l’État. Le rapport classe le Maroc parmi les pays où les créances nettes du système bancaire sur l’administration centrale, rapportées au PIB, ressortent au-dessus de la moyenne régionale sur la période 2015-2024. Le Maroc apparaît dans ce groupe aux côtés de l’Algérie, de l’Égypte, de la Jordanie et du Pakistan. Pour l'institution, ce niveau de recours au financement bancaire peut signaler une forme de “dominance budgétaire”, c’est-à-dire une situation où les besoins de financement public pèsent sur la conduite de la politique monétaire. Le point est sensible. Une banque centrale peut avoir un cadre légal solide, publier régulièrement ses décisions, agir sur son taux directeur et défendre la stabilité des prix. Mais si l’État absorbe une part importante des ressources bancaires, l’efficacité de la politique monétaire devient moins directe. Le risque touche donc à la transmission des taux, à la place laissée au crédit privé et à la capacité de la banque centrale à durcir ou assouplir sa politique sans subir la contrainte du financement public. Le FMI ne remet pas en cause la crédibilité de Bank Al-Maghrib. Il souligne plutôt le chemin parcouru et les fragilités qui restent dans plusieurs pays de la région. Sa recommandation est de poursuivre le renforcement du cadre légal, de la gouvernance, de l’indépendance financière et des mécanismes de transparence. Le tout avec une vigilance sur les nouvelles missions des banques centrales, qu’il s’agisse du climat, des fintechs ou des monnaies numériques, qui ne doivent pas diluer leur mandat central qui est la stabilité des prix et la stabilité financière.