Tourisme d’affaires: les conclusions du baromètre Cvent de la région MENA…

Source: challenge · 2026-06-03

Le baromètre Cvent 2026 des destinations et hôtels l de la région MENA et du continent confirme la montée en puissance du Maroc sur l’échiquier du tourisme d’affaires, avec Marrakech …

105 Le baromètre Cvent 2026 des destinations et hôtels l de la région MENA et du continent confirme la montée en puissance du Maroc sur l’échiquier du tourisme d’affaires, avec Marrakech et Casablanca toutes deux classées. Mais cette bonne nouvelle masque un défi de taille à l’aune de 2030 : aucun établissement ne figure dans le top dix des meilleurs hôtels régionaux. Pourquoi ? Holding Corp., entreprise américaine spécialisée dans les technologies de gestion et de marketing d’événements, a publié récemment son classement annuel des meilleures destinations et hôtels pour le tourisme d’affaires au Moyen-Orient et en Afrique. La méthodologie Cvent, bâtie sur plus de 20 milliards de dollars d’activité de sourcing, intègre désormais un critère décisif : le *bid rate*, soit le pourcentage de demandes de propositions auxquelles un hôtel répond effectivement par une offre. Dans les détails, deux villes sont dans le Top 10 des destinations (Marrakech, qui gagne une place pour se hisser au 4e rang, et Casablanca, qui fait une entrée fracassante à la 10e place) confirment une dynamique nord-africaine que les chiffres du ministère du Tourisme viennent amplifier. On note, cependant, l’absence totale d’établissements marocains dans le Top 10 hôtelier régional, trusté par Dubaï et Istanbul, exposant au passage une faille structurelle. Par ailleurs, selon l’étude, dans le palmarès hôtelier régional Dubaï place sept établissements dans le top 10, dont le JW Marriott Marquis Hotel Dubai, indétrônable numéro un. Istanbul, deuxième destination, en aligne quatre – l’InterContinental Istanbul, le Conrad Istanbul Bosphorus, le Swissôtel The Bosphorus et le Hilton Istanbul Bomonti Hotel & Conference Center. Leurs forces respectives sont complémentaires. Lire aussi | Destination MICE: Rabat se positionne sur le tourisme d’affaires D’un côté, une logique de volume et de rapidité exécutive ; de l’autre, une densité d’unités capables de répondre à des appels d’offres complexes. Cvent souligne, dans sa note, la «croissance rapide d’Istanbul en tant que moteur du MICE et la solidité du marché turc des groupes». Notamment la capacité à aligner plusieurs unités capables de répondre à des appels d’offres complexes, avec un taux de réponse et un «bid rate» élevé devient un avantage concurrentiel décisif. Ce maillage hôtelier dense et réactif, le Maroc ne le possède pas encore à cette échelle. « Le positionnement du Maroc dans le baromètre Cvent 2026, avec Marrakech et Casablanca classées parmi les destinations majeures du tourisme d’affaires en région MENA, confirme une dynamique de montée en puissance du Maroc sur le segment MICE. Ce positionnement reflète la consolidation progressive de l’attractivité touristique marocaine, soutenue par l’amélioration des infrastructures, le renforcement de la connectivité aérienne et la capacité des principales métropoles à accueillir des événements professionnels de dimension internationale. Toutefois, l’absence d’établissements hôteliers marocains dans le top dix régional, dominé par des hubs comme Dubaï et Istanbul, met en lumière un décalage significatif entre la performance des destinations et celle des opérateurs hôteliers. Ce constat traduit une évolution importante des critères de compétitivité dans le tourisme d’affaires, où la qualité de l’offre ne se limite plus aux infrastructures physiques, mais intègre désormais des dimensions telles que la réactivité commerciale, la performance digitale dans la gestion des appels d’offres, la capacité de réponse aux plateformes de sourcing MICE et la standardisation des processus de service à l’échelle internationale », nous confie l’expert en tourisme Zoubir Bouhoute. Et d’ajouter : « Dans ce contexte, plusieurs facteurs structurels peuvent être identifiés. L’écosystème hôtelier marocain demeure relativement fragmenté, avec une coexistence d’acteurs internationaux, de groupes locaux et d’établissements indépendants, ce qui peut limiter l’atteinte d’une masse critique homogène en matière de standards MICE. À cela s’ajoute une transition encore progressive vers des modèles de gestion entièrement digitalisés et orientés “business development B2B”, contrairement à certains marchés concurrents du Golfe qui ont investi plus tôt dans des plateformes intégrées, des équipes commerciales spécialisées et des systèmes automatisés de réponse aux appels d’offres. Lire aussi | Tourisme: Ouarzazate, nouvelle destination MICE Par ailleurs, l’évolution des référentiels d’évaluation internationaux met de plus en plus l’accent sur des indicateurs de performance opérationnelle, souvent invisibles mais déterminants, tels que le “bid response rate”, la rapidité de traitement des demandes, la flexibilité des configurations événementielles ou encore la constance de la qualité de service. Dans ces domaines, certains marchés concurrents bénéficient d’une avance liée à une stratégie historique de positionnement sur le tourisme d’affaires de très grande capacité, tandis que le Maroc