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Panneaux solaires chinois: comment le Maroc se positionne en plateforme régionale ?
Source: challenge · 2026-05-25
Les douanes chinoises ont parlé: l’Afrique a absorbé 123.787 tonnes de panneaux solaires, soit 83% de plus qu’un an plus tôt. Loin d’être un simple débouché commercial, le continent révèle …
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Les douanes chinoises ont parlé: l’Afrique a absorbé 123.787 tonnes de panneaux solaires, soit 83% de plus qu’un an plus tôt. Loin d’être un simple débouché commercial, le continent révèle des trajectoires nationales divergentes. Alors que la RDC parie sur le solaire décentralisé pour électrifier les zones rurales, le Maroc double sa capacité de production locale pour devenir la plateforme industrielle régionale. Analyse.
Les douanes chinoises viennent de livrer un chiffre qui dit l’ampleur du basculement énergétique en cours : en avril 2026, l’Afrique a importé 123.787 tonnes de panneaux solaires, soit une progression de 83 % sur un an. Derrière cette masse, ce n’est pas seulement un marché qui s’éveille, mais des trajectoires nationales qui se creusent. D’un côté, la République démocratique du Congo (RDC) plonge tête baissée dans le solaire décentralisé pour éclairer ses zones rurales abandonnées par le réseau. De l’autre, le Maroc, quatrième importateur du continent, ne se contente plus d’acheter : il a doublé sa capacité de production locale pour atteindre 1 GW par an, et ambitionne de devenir une plateforme industrielle régionale. Avril 2026 restera comme le mois où le Royaume a affiché sa stratégie dans ce secteur longtemps dominé par la Chine.
Le mouvement est massif, mais il faut le lire avec les bonnes lunettes. La hausse de 83 % des arrivages de panneaux et cellules en provenance de Chine ne raconte pas toute l’histoire. Les logisticiens le savent bien : une partie de l’emballement d’avril s’explique par un phénomène de « front-loading ». Les acheteurs africains, comme tous les autres dans le monde, ont précipité leurs commandes avant le 1er avril, date butoir à laquelle Pékin a supprimé son programme de remboursement de taxe à l’exportation sur les équipements solaires. Résultat : les volumes de mars avaient déjà atteint un pic historique de 209.474 tonnes – un niveau artificiel – avant de retomber mécaniquement le mois suivant.
Pourtant, le reflux d’avril par rapport à mars ne doit pas tromper. Les 123.787 tonnes restent proches du double des 67.552 tonnes d’avril 2025. La demande sous-jacente tient bon. Et surtout, elle se structure de manière très différente selon les pays.
RDC : l’addiction au solaire chinois comme seule option
Avec une progression de 482 % de ses importations en avril, la République démocratique du Congo signe la performance la plus spectaculaire – et la plus révélatrice. Le pays, qui affiche l’un des taux d’électrification les plus faibles de la planète, importe 17.953 tonnes de panneaux. En valeur absolue, ce n’est pas le premier d’Afrique. Mais c’est le symptôme d’un basculement silencieux et structurel. Là où le réseau conventionnel n’existe pas, le solaire décentralisé devient la voie d’accès à l’électricité pour des millions de ménages et de petites entreprises. « Ce n’est plus un marché de niche, c’est en train de devenir le mode dominant d’équipement », constatent les analystes d’Ember cités par Reuters.
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La RDC ne se pose pas la question de la souveraineté industrielle. Elle n’a tout simplement pas le luxe d’attendre. Elle achète chinois parce que c’est abordable, disponible, et que l’urgence humanitaire du raccordement électrique prime sur tout le reste. Cette « addiction » n’est pas un choix, c’est une contrainte. Et elle expose le pays à tous les à-coups de la politique fiscale de Pékin. Si demain les prix grimpent ou les livraisons se tendent, des millions de Congolais resteront dans le noir. « Les trajectoires nationales en Afrique restent toutefois très différentes. La RDC mise surtout sur le solaire décentralisé et les mini-réseaux pour électrifier les zones rurales et les régions éloignées où l’extension du réseau classique reste très complexe. L’Afrique du Sud reste aujourd’hui le leader continental du solaire avec environ 11 GW installés, portée par les délestages électriques, les besoins industriels et l’explosion du solaire privé et du stockage. L’Égypte est devenue le deuxième grand acteur solaire africain avec 4 GW installés, notamment grâce au complexe de Benban (1,65 GW), l’un des plus grands parcs photovoltaïques au monde, ainsi qu’aux futurs projets liés à l’hydrogène vert. », explique Badr Ikken, président exécutif de Gi3, Président du Conseil d’Affaire Maroc-Allemagne de la CGEM.
Maroc: importateur majeur mais producteur en devenir
Le contraste avec le Maroc est saisissant. Le Royaume figure au quatrième rang des importateurs africains de panneaux chinois, avec 915 MW sur douze mois (juillet 2024-juin 2025), derrière l’Afrique du Sud (3.784 MW), l’Algérie (1.199 MW) et le Nigeria (1.721 MW). Il est donc, mécaniquement, exposé aux mêmes risques de renchérissement et de dépendance logistique. La suppression de la détaxe chinoise, effective depuis le 1er avril, fait peser une menace réelle sur les coûts d’acquisition. Et cela tombe à un moment délicat : l